20.11.2014

À ciel ouvert

À ciel ouvert est le dernier documentaire de Mariana Otero. Il s’étrenne en France en 2013. La projection du documentaire ne laisse pas indifférent. Il remue les consciences et résonne dans les profondeurs de chacun.

La critique l’élève au ciel culte et encouragé à aller au cinéma. Il est un événement pour ceux qui ont fait le documentaire et ceux qui sont allés à l’avoir. Pour quoi ce documentaire est devenu si populaire?

 

Allons à Le Courtil, institution pour enfants et jeunes adultes psychotiques et guidée par la psychanalyse,  où  passé la trame. Le principe est clair: accepter l'unicité de chacun d'eux en tant que sujets. Ce sont des enfants qui entrent dans la vie avec une souffrance mentale insupportable et l'espace Le Courtil vise à créer les conditions propices à la contingence, à la surprise pour que des enfants tressent et nouent solutions symptomatiques qui produisent des façons plus supportable de vivre avec l'insupportable.

Aucun protocole, aucune standardisation, la logique qui les guide n’est pas au cas par cas. Ce qui se passe dans Le Courtil n’est pas le produit d'une cure analytique, mais une utilisation pratique de la psychanalyse. Grâce à des ateliers, qui marquent le rythme de la vie quotidienne du centre, les éducateurs soutiennent les inventions des enfants et des jeunes. Ils jouent et inventent sans programmes standardisés. Il faut rechercher une vie plus agréable pour des enfants et y compris, si possible, que les enfants et les jeunes suivent le système scolaire.

Mariana Otero, dans le documentaire, est présent en tant que femme-caméra. Il colle la caméra au corps avec un harnais, à la hauteur de ce que elle veut filmer. Avec elle va tout le montage, la caméra et le son, pour faire le film. C’est pour ça que il y a un air si réel, si proche de ce qui se passe dans la vie quotidienne de l'institution.

La caméra et elle sont dans le même domaine, à la scène. Mariana devient un observateur-observé, les enfants la comprennent dans ce qui se passe là-bas et l’acceptent tout en oubliant d’elle aussi. Avant les trois mois de tournage, Mariana a passé plusieurs mois dans l'institution, se demandant, en essayant de trouver des réponses à ses questions sur la folie et ce qu'elle a trouvé était un endroit avec une façon unique de traiter la souffrance mentale. Ceux qui souffrent d'une détresse mentale grave ne sont pas considérés comme des «handicapés» comme des personnes ayant une déficience intellectuelle, mais comme des sujets avec une structure unique qui doivent être détenues pour produire un sujet.

Helena Valldeperes

 

Partager sur